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Pêche au Sénégal : une ressource essentielle sous pression

Pêche au Sénégal : une ressource essentielle sous pression Au Sénégal, le poisson n'est pas simplement un produit alimentaire. Il joue un rôle important dans l'alimentation, l'emploi et l'économie des communautés côtières.…

Chérif Diouck ⏱ 6 min de lecture
Pêche au Sénégal : une ressource essentielle sous pression

Pêche au Sénégal : une ressource essentielle sous pression

Au Sénégal, le poisson n’est pas simplement un produit alimentaire. Il joue un rôle important dans l’alimentation, l’emploi et l’économie des communautés côtières.

Selon la FAO, le poisson représente environ 43 % des protéines animales consommées au Sénégal dans les données présentées par l’Initiative Pêches Côtières. Des travaux plus anciens cités par la FAO donnent des estimations nettement supérieures, jusqu’à 75 %. Ces écarts montrent pourquoi il faut préciser la période et la méthode utilisée lorsqu’on avance un chiffre sur la consommation de poisson.

Une chose, en revanche, ne fait guère débat : la pêche occupe une place stratégique dans la sécurité alimentaire et l’économie du pays.

Des ressources halieutiques sous pression

Pour de nombreux pêcheurs, le problème est devenu très concret : certaines ressources sont moins abondantes et l’activité est devenue plus difficile.

Un témoignage publié par la FAO en 2023 rapporte par exemple que des pêcheurs de Palmarin-Djiffère constataient une diminution des ressources marines au cours de leur vie. Le changement climatique était cité parmi les facteurs expliquant cette évolution.

Cette situation ne peut toutefois pas être attribuée à une seule cause. La pression de pêche, l’évolution des écosystèmes, le changement climatique, la demande commerciale et les difficultés de gouvernance se combinent.

La pêche illégale et le contrôle des activités maritimes

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée, souvent appelée pêche INN, constitue l’un des problèmes auxquels le Sénégal tente de répondre.

En 2025, la FAO a accompagné les autorités sénégalaises dans l’amélioration des procédures d’inspection des navires. Un nouveau manuel devait renforcer les capacités de suivi, de contrôle et de surveillance des activités de pêche.

La même année, la FAO a également travaillé avec les autorités sénégalaises sur l’évaluation du rôle du Sénégal comme État du pavillon, avec la participation notamment de la Direction de la protection et de la surveillance des pêches et de l’Agence nationale des affaires maritimes.

En novembre 2025, le Sénégal a encore renforcé l’échange d’informations sur les navires et les autorisations de pêche dans le cadre de l’Accord de la FAO sur les mesures du ressort de l’État du port.

Le sujet est donc réel, mais parler simplement de « pillage par les étrangers » serait trop réducteur. La gestion durable des ressources implique également le contrôle des activités nationales, la connaissance des stocks, les autorisations, les débarquements et la coopération régionale.

La farine de poisson et la bataille autour de la sardinelle

Les petits poissons pélagiques, notamment les sardinelles, sont particulièrement importants pour les populations et les activités de transformation.

La question de leur utilisation fait depuis plusieurs années l’objet de débats. Une partie de la production peut alimenter les marchés destinés à la consommation humaine, tandis qu’une autre peut être orientée vers des activités industrielles comme la fabrication de farine et d’huile de poisson.

Cette concurrence devient sensible lorsque la ressource se raréfie. La question n’est donc pas uniquement de savoir qui pêche, mais aussi à quoi sert le poisson une fois débarqué.

La FAO souligne d’ailleurs que les pêcheries ouest-africaines subissent une forte pression et que la surexploitation menace à la fois les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire.

Le changement climatique complique encore la situation

Le changement climatique ajoute une pression supplémentaire sur les écosystèmes marins.

Un document consacré aux risques climatiques pour le secteur sénégalais de la pêche et de l’aquaculture identifie notamment la diminution ou la migration de certains stocks, dont la sardinelle. Il mentionne également l’érosion côtière et la dégradation de certains habitats.

La FAO indique également que la baisse des captures et les effets du changement climatique font partie des raisons qui poussent le Sénégal à développer davantage l’aquaculture.

Pour les pêcheurs, ces changements peuvent signifier davantage d’incertitude : les espèces peuvent se déplacer, les zones de pêche évoluer et les sorties devenir plus longues ou plus difficiles.

Moderniser la pêche sans simplement pêcher davantage

La modernisation du secteur ne doit pas avoir pour objectif de capturer toujours plus de poissons.

Elle doit surtout permettre de mieux travailler avec une ressource limitée.

  1. Sécurité en mer : améliorer les moyens de communication, de localisation et d’alerte pour réduire les risques auxquels sont exposés les pêcheurs.
  2. Chaîne du froid : renforcer les capacités de conservation et de stockage afin de réduire les pertes après débarquement.
  3. Transformation locale : améliorer les équipements et les conditions de travail des acteurs, notamment des femmes qui jouent un rôle important dans la transformation des produits halieutiques. La FAO documente par exemple le rôle des femmes dans la transformation traditionnelle de la sardinelle à Saint-Louis.
  4. Aquaculture : développer une production complémentaire à la pêche afin de diversifier les sources de produits aquatiques.

L’aquaculture peut-elle réduire la pression ?

Le Sénégal considère déjà l’aquaculture comme un levier pour contribuer à la sécurité alimentaire et créer des emplois.

La FAO indique que le pays cherche à développer l’aquaculture privée et communautaire dans un contexte marqué par la baisse des captures et les effets du changement climatique.

En mars 2026, la FAO et les autorités sénégalaises ont également présenté des avancées concernant la filière conchylicole, notamment sur la qualité sanitaire des coquillages et l’accès aux marchés.

Le véritable enjeu : préserver la ressource

Le débat sur la pêche sénégalaise ne peut donc pas être réduit à une opposition entre pêcheurs artisanaux et pêche industrielle.

Le problème est plus large : comment exploiter une ressource naturelle tout en permettant à cette ressource de se renouveler ?

Cela passe par une meilleure surveillance, une connaissance scientifique des stocks, une réglementation effectivement appliquée, une modernisation des équipements, une meilleure conservation des captures et le développement d’activités complémentaires comme l’aquaculture.

Le Sénégal dispose déjà de plusieurs outils pour avancer dans cette direction. Mais la difficulté sera de transformer ces dispositifs en résultats visibles sur le terrain.

La véritable bataille n’est donc pas de pêcher toujours plus. C’est de faire en sorte que les générations futures puissent encore pêcher.

Sources

Dernière vérification des sources : 20 septembre 2026.

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Chérif Diouck
Écrit par Chérif Diouck

Chérif Diouck est rédacteur référenceur SEO et responsable éditorial de Rif Xalima. Il supervise la production de contenus spécialisés, pensés pour répondre aux besoins des lecteurs sénégalais tout en respectant les bonnes pratiques du référencement naturel, de la fiabilité de l'information et de l'expérience utilisateur.

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