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L’enseignement coranique se modernise au Sénégal

Chérif Diouck 📅 18 avril 2026 ⏱ 2 min de lecture
⚡ EN BREF⏱ 2 min de lecture

L'image d'Épinal du talibé errant avec sa boîte de conserve est en train de mourir. Lentement, mais sûrement. Au Sénégal, une révolution silencieuse s'opère au cœur des Daaras. Ce système, qui scolarise des centaines de milliers d'enfants, ne…

L’image d’Épinal du talibé errant avec sa boîte de conserve est en train de mourir. Lentement, mais sûrement. Au Sénégal, une révolution silencieuse s’opère au cœur des Daaras. Ce système, qui scolarise des centaines de milliers d’enfants, ne peut plus rester en marge de la République. Le mot d’ordre ? La modernisation.

L’hybridation comme nouveau standard

Aujourd’hui, à Dakar ou Touba, de nouveaux modèles fleurissent. On les appelle les « Daaras modernes ». Ici, la journée ne se résume plus exclusivement à la psalmodie des versets. Les élèves apprennent le calcul, le français, et parfois même le codage informatique.

L’objectif est pragmatique : éviter que l’étudiant coranique ne se retrouve exclu du marché de l’emploi une fois ses études terminées. Cette approche hybride rassure les parents de la classe moyenne qui ne veulent plus choisir entre éducation religieuse solide et réussite académique classique.

L’État s’invite dans l’arène

Le cadre légal a longtemps été le grand absent. Mais avec l’adoption progressive de réformes sur le statut des Daaras, l’État sénégalais tente de reprendre la main. Intégration dans le programme national, uniformisation des diplômes et surtout, appuis financiers directs via le PAMEC (Projet d’Appui à la Modernisation de l’Enseignement Coranique).

Le défi reste de taille : convaincre les maîtres coraniques les plus conservateurs que l’inspection académique n’est pas une menace pour la foi, mais un levier de dignité.

Mon avis d’expert : Le danger de la « cosmétique »

Moderniser, ce n’est pas juste repeindre les murs des écoles coraniques ou ajouter une heure de français par semaine. C’est repenser l’autonomie financière du Daara pour éradiquer la mendicité.

Mon analyse est brutale : tant que le statut social du « Borom Daara » ne sera pas aligné sur celui du fonctionnaire de l’Éducation nationale, la modernisation restera une vitrine pour les bailleurs de fonds. La réussite de cette transition dépend de notre capacité à valoriser le diplôme coranique comme un véritable passeport professionnel, et non comme un certificat de second rang.

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Chérif Diouck
Écrit par Chérif Diouck

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