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La jeunesse sénégalaise et le numérique : Génération connectée

À Dakar, le téléphone est devenu bien plus qu'un moyen de communication. Il sert à travailler, vendre, apprendre, créer du contenu, effectuer des paiements et trouver des clients. Cette transformation repose sur…

Chérif Diouck ⏱ 5 min de lecture
La jeunesse sénégalaise et le numérique : Génération connectée
À Dakar, le téléphone est devenu bien plus qu’un moyen de communication. Il sert à travailler, vendre, apprendre, créer du contenu, effectuer des paiements et trouver des clients.

Cette transformation repose sur une réalité mesurable. Selon l’ARTP, le taux de pénétration de la téléphonie mobile dépassait 125 % en 2025. La pénétration de l’Internet atteignait quant à elle 116,9 % en mars 2025. Ces taux supérieurs à 100 % ne signifient évidemment pas que chaque Sénégalais possède plusieurs accès personnels à Internet : ils rapportent le nombre d’accès ou de lignes à la population.

De son côté, DataReportal estimait à 11,3 millions le nombre d’utilisateurs d’Internet au début de 2025, soit 60,6 % de la population, avec 5,01 millions d’identités d’utilisateurs des réseaux sociaux.

Le numérique est donc devenu une infrastructure économique et sociale importante. Mais entre être connecté et créer de la valeur, il existe encore un écart considérable.

Le téléphone devient un outil de travail

Pour une partie de la jeunesse sénégalaise, le numérique a changé la manière de chercher des revenus.

Un ordinateur reste indispensable pour certains métiers techniques, mais le smartphone permet déjà de gérer une petite activité commerciale, communiquer avec des clients, faire de la publicité, prendre des commandes ou proposer certains services.

WhatsApp, Instagram et les autres plateformes sociales ont ainsi contribué à développer une forme de commerce numérique à petite échelle. Des entrepreneurs vendent des vêtements, des produits cosmétiques, de la nourriture, des formations ou différents services directement depuis leur téléphone.

Ce phénomène ne constitue pas nécessairement une nouvelle économie séparée de l’informel. Il représente plutôt une numérisation progressive d’activités qui existaient déjà.

Le freelancing ouvre le marché au-delà du Sénégal

Le numérique permet également à certains professionnels de travailler pour des clients situés dans d’autres pays. Développement web, design, marketing digital, traduction, montage vidéo ou assistance à distance peuvent être réalisés sans que le prestataire et son client se trouvent dans la même ville.

Il faut toutefois éviter de présenter ce phénomène comme une situation généralisée. Le nombre exact de jeunes Sénégalais vivant du freelancing international n’est pas établi de manière suffisamment précise dans les statistiques publiques disponibles.

Le potentiel est néanmoins suffisamment important pour apparaître dans les politiques publiques. Le New Deal Technologique, lancé officiellement en février 2025, prévoit notamment de développer l’économie numérique, l’entrepreneuriat, la formation et l’émergence de solutions technologiques locales.

Les réseaux sociaux transforment aussi la parole publique

Les réseaux sociaux ont profondément changé la circulation de l’information au Sénégal.

Une information peut aujourd’hui être produite par un simple utilisateur, atteindre rapidement plusieurs milliers de personnes et provoquer des réactions bien avant son traitement par les médias traditionnels.

Cette horizontalisation de la prise de parole possède deux faces. Elle permet à des citoyens, entrepreneurs, artistes et associations de toucher directement leur public. Mais elle facilite également la diffusion de rumeurs, de fausses informations et de contenus sortis de leur contexte.

Le développement du numérique crée donc simultanément davantage d’accès à l’information et davantage de risques liés à sa qualité.

Une fracture numérique qui ne disparaît pas avec le smartphone

La forte pénétration du mobile ne signifie pas que tous les Sénégalais bénéficient des mêmes conditions d’accès au numérique.

La qualité de la connexion, le coût des équipements, le prix des données, l’accès à un ordinateur et surtout les compétences numériques restent déterminants.

Un jeune disposant uniquement d’un smartphone et d’un forfait limité ne possède pas les mêmes possibilités qu’un étudiant équipé d’un ordinateur, d’une connexion stable et de logiciels professionnels.

Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de connecter la population. Il est de permettre au plus grand nombre de transformer cette connexion en compétence, en revenu et en innovation.

Le prochain défi : passer de l’utilisateur au créateur

Le Sénégal dispose déjà d’une importante base d’utilisateurs numériques. La question est désormais de savoir quelle valeur économique et technologique le pays peut construire à partir de cette population connectée.

Le New Deal Technologique fixe précisément cette ambition : développer la souveraineté numérique, digitaliser les services publics, favoriser l’innovation et soutenir l’émergence de champions nationaux. Le programme prévoit également des investissements dans des domaines comme l’intelligence artificielle, le cloud, la cybersécurité, le gaming et la robotique.

Le gouvernement a également inscrit l’accès universel à Internet, la formation professionnelle et le développement des startups parmi les priorités de cette transformation.

Le défi est donc beaucoup plus large que l’utilisation de TikTok, WhatsApp ou Instagram.

Un pays peut compter des millions de personnes connectées sans pour autant disposer d’une industrie numérique forte. La différence se joue dans les compétences, les infrastructures, le financement, la formation et la capacité à créer des produits destinés au marché local et international.

Le risque d’une nouvelle fracture

Le risque pour le Sénégal n’est pas simplement de voir une partie de sa jeunesse rester hors ligne.

Une autre fracture peut apparaître : celle entre ceux qui utilisent le numérique comme simple outil de consommation et ceux qui savent réellement programmer, automatiser, créer une entreprise, analyser des données ou développer une technologie.

Les chiffres de l’ARTP montrent que le pays est déjà fortement connecté. Le prochain indicateur important sera donc moins le nombre de téléphones que la capacité de cette population connectée à produire de la valeur.

Le véritable pari numérique du Sénégal n’est pas d’avoir une jeunesse avec un smartphone. C’est de transformer cette jeunesse connectée en une génération capable de créer ses propres entreprises, ses propres logiciels et ses propres solutions.

Sources et vérification

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Chérif Diouck
Écrit par Chérif Diouck

Chérif Diouck est rédacteur référenceur SEO et responsable éditorial de Rif Xalima. Il supervise la production de contenus spécialisés, pensés pour répondre aux besoins des lecteurs sénégalais tout en respectant les bonnes pratiques du référencement naturel, de la fiabilité de l'information et de l'expérience utilisateur.

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